O-Sensei (1883-1969) est à l'origine de l'Aïkido.
Maître Tanaka Bansen (1912-1988) a été élève de Ueshiba Morihei dès 1936. À la demande de celui-ci, il fonde l’Osaka Aïkikai en 1951. Proche d'O-Sensei, il consacra sa vie à la pratique et à l'enseignement de l'Aïkido.
Aiki Journal
Maître Nomura Kazuo a débuté l’Aïkido en 1969 et a suivi l’enseignement de Maître Tanaka Bansen pendant 19 ans. Il a été le chef instructeur de l’Osaka Aïkikai de 1989 à 2005 et est aujourd’hui le fondateur et responsable de la Yamato Aïkikai. Il visite régulièrement de nombreux dojos en Asie du Sud-Est, en Europe et en Amérique de Nord.
Il a obtenu le grade de 6ème Dan en 1982, quelques années avant la disparition de Tanaka Bansen. Il est officiellement et techniquement reconnu par le Hombu Dojo à Tokyo.
Ce site est consacré à la pratique de l'Aïkido et à l'enseignement de Maître Nomura Kazuo.
Maître Nomura pratique et enseigne l'Aïkido depuis plus de quarante ans dans la région du Kansai, au Japon. Depuis quelques années, il se rend régulièrement en Allemagne, en Suisse et en France pour partager son expérience. Sa philosophie et sa modestie le poussent à dire qu'il ne vient pas pour enseigner, mais simplement pour pratiquer et partager une passion commune. Il n'y a pas de but à atteindre à travers la pratique de l'Aïkido, si ce n'est le développement personnel de son caractère et de son équilibre intérieur. Pour Maître Nomura, l'Aïkido n'est pas quelque chose qui s'apprend, mais plutôt qui se cultive et qui s'acquiert au niveau individuel par une pratique assidue.
Plusieurs rencontres ont été organisées ces dernières années et nous espérons pouvoir en organiser d'autres dans les années à venir. Les informations concernant la venue de Nomura Shihan en Europe et l'organisation de stages d'Aïkido seront publiées sur ce site.
L’Aïkido est généralement et à tort considéré comme un «art martial». Il serait plus juste de parler de «Budo». Cette erreur tient à la difficulté de traduire «Budo» (littéralement «voie martiale») et à la confusion entre ces deux termes.
En Japonais, «art martial» se traduit par «bu-jutsu» (bu «martial» et jutsu «art; moyen»). «Bu-jutsu» désigne des techniques de combat bien définies et généralement codées (en chinois, le mot qui désigne les arts martiaux «wu-shu» utilise les mêmes caractères). Le Budo (bu «martial» et do «voie; chemin») désigne un ensemble de pratiques non seulement martiales, mais aussi philosophiques, voire religieuses (Shinto - Zen). Le Budo s'apparente plutôt à une philosophie martiale liée à l'enseignement des arts martiaux. L'Aïkido est une forme de Budo moderne dans lequel se retrouvent plusieurs références aux arts martiaux traditionnels.
L’Aïkido a été fondé au début du XXe siècle par Ueshiba Morihei. Il puise sa source dans une variété d'anciennes techniques de combats (ou arts martiaux traditionnels) et principalement dans les techniques de corps à corps (Tai-jutsu, Ju-jutsu) comprenant des projections et des immobilisations, de sabre (Ken-jutsu) et de lance (So-jutsu). Il inclut également une certaine forme de méditation basée sur le contrôle de la respiration (Ki), la maîtrise de l’espace et des équilibres ainsi que sur l'utilisation des forces naturelles.
L’Aïkido se pratique uniquement dans une perspective défensive et non-violente contre des attaques à mains nues, au sabre (Ken) ou au bâton (Jo). Il permet d’entretenir non seulement son corps, mais aussi son esprit.
Il existe de nombreuses manières de pratiquer l'Aïkido. Toutes dépendent du parcours de chacun et de l'enseignement reçu. La diversité des styles et des pratiques ne permet pas de définir ce qu'est le "vrai" Aïkido. Il se trouve que l'Aïkido est une discipline libre et sans codification précise, qui rend l'idée même d'un "vrai" Aïkido indéfinissable.
Il y a aujourd'hui de nombreux dojos, dans de nombreux pays, dans lesquels on peut pratiquer. Malheureusement, la multiplication des dojos et des styles ne va pas sans une certaine évolution dans la manière d'enseigner. Cette évolution tend à s'éloigner de l'enseignement traditionnel tel qu'il est proposé au Japon par certains Maîtres. Force est de constater qu'aujourd'hui, et principalement en Occident, les enseignants, qui parfois manquent aussi de pratique, se focalisent uniquement sur l'application des techniques, en omettant l'importance des déplacements, des équilibres et du travail du "Ki". Il est facile de reproduire une technique que l'on vient de voir, mais il est difficile de la reproduire naturellement sans y penser.
L'enseignement de Maître Nomura donne relativement peu d'importance aux techniques en tant que telles puisqu'elles sont faciles à mémoriser et à reproduire. Tout son enseignement repose sur le perfectionnement des mouvements et des déplacements, ainsi que sur l'utilisation de la respiration (Kokyu ryoku). De cette manière, il est possible de continuer à progresser par soi-même à travers une pratique régulière (Keiko).
L'importance est donnée en premier lieu à la déviation circulaire ou spirale (Rasen), à la force de la respiration (Kokyu ryoku) et aux déplacements (Sabaki). Puis, à l'anticipation (préparer son esprit - Ki saki), à la fluidité du mouvement (Ki musubi), à l'harmonie du mouvements avec Uke (ne faire qu'un avec Uke - Ki ni awasu), à l'échange du rapport de force (Ki wo kaesu) et à l'expiration de l'énergie à partir de son Tanden (Ki wo dasu). La maîtrise des techniques s'acquiert par la compréhension qu'il n'est jamais nécessaire de "jeter" un adversaire au sol. Un mouvement juste, précis et maîtrisé doit permettre à Tori de diriger le mouvement de son attaquant pour que celui-ci perde le contrôle de son équilibre; la chute devient inévitable, mais elle n'est pas provoquée.
Maître Nomura pratique et enseigne l'Aïkido de manière quasi quotidienne. Il est un des rares à avoir consacré sa vie à l'Aïkido. Il transmet à son tour avec passion l'enseignement qu'il à reçu de son Maître, qui avait, avant lui, reçu du fondateur, assurant une continuité rectiligne et sans interférences de la pratique de l'Aïkido. Cette continuité dans la transmission de l'Aïkido s'exprime avant tout par la volonté de transmettre un savoir et permet d'offrir un enseignement "vrai" et authentique.
Il existe de nombreuses pratiques différentes de l’Aïkido, la plus répandue étant l’Aïkikai. Il y a au Japon plusieurs branches qui enseignent cette forme et autour desquelles gravitent de nombreux dojos, mais les deux «écoles» principales sont l’Aïkikai de Tokyo, dojo fondé en 1940 par Ueshiba Kishomaru, fils du fondateur, et l’Aïkikai d’Osaka, dojo fondé en 1951 par Tanaka Issaburo (Bansen), proche élève de O-sensei. L’Aïkikai d’Osaka est la plus vieille branche de l’Aïkikai et a toujours gardé une certaine indépendance vis-à-vis du Honbu-dojo.
Les techniques enseignées sont les mêmes, mais l’approche est légèrement différente. Le pratiquant qui se rend dans l’un et l’autre de ces dojos y verra la différence. Certains pensent que l’Aïkikai d’Osaka a su garder une plus grande authenticité.
L’Aïkido se pratique à mains nues (en tout cas au début). Il existe un grand nombre de techniques «Waza» qui peuvent s'effectuer soit à la suite d'une frappe soit d'une saisie. L'absence de catégorisation en «Kata» (forme) permet une multitude de combinaisons. On estime à plus de 3000 le nombre de variations. Toutefois, avant de pouvoir effectuer ces techniques de manière naturelle et évoluer vers des mouvements de plus en plus complexes, il est nécessaire de commencer par apprendre un certains nombre de techniques et de principes qui constituent la base de tous les mouvements d'Aïkido. Cet apprentissage ce fait en pratiquant régulièrement et de manière répétitives les mouvements montrés par le professeur. En répétant chaque technique l'une après l'autre, on peut apprendre à les effectuer sans y penser.
Toutes les techniques comportent plusieurs variantes et la liste ci-dessous n'est pas exhaustive, mais on pourrait définir les techniques de base «Kihon Waza» de la manière suivante.
Les principales techniques de contrôle (Katame waza):
| - Ikkyo | (udeosae) | (contrôle du bras) |
| - Nikyo | (kotemawashi) | (torsion au niveau du poignet - retournement) |
| - Sankyo | (kotehineri) | (torsion au niveau du poignet - torsion) |
| - Yonkyo | (tekubiosae) | (contrôle du poignet) |
| - Gokyo | (udenobashi) | (étirement du bras) |
Les principales techniques de projection (Nage waza):
| - Irimi nage | (ushiro ukemi) | (Irimi nage - sur chute arrière) |
| - Shihou nage | (ushiro ukemi) | (Shihou nage - sur chute arrière) |
| - Ten Chi nage | (ushiro ukemi) | (Ten Chi nage - sur chute arrière) |
| - Kote gaeshi | (ushiro ukemi) | (Kote gaeshi - sur chute arrière) |
| - Kaiten nage | (mae ukemi) | (Kaiten nage - sur chute avant) |
Autres techniques courantes un peu plus complexes:
| - Kokyu nage | (projection par extension de la respiration) |
| - Juji garami | (projection sur croisement des bras) | - Udekime nage | (projection sur contôle du coude) |
| - Koshi nage | (projection sur action des hanches) |
| - Ushiro kiri otoshi | (projection arrière - "coupe" vers le bas) |
| - Hiji kimeosae | (contrôle sur pression du coude) |
Les déplacements (Sabaki):
| - Ashi sabaki | (déplacements des pieds) | - Tai sabaki | (déplacements du corp) | - Shikko | (déplacements à genoux) |
Quelques principes fondamentaux:
| - Kokyu ho | (Kokyu ryoku) | (force de la respiration) | - Tai no tenkan | (changement d'orientation du corp) |
Les frappes:
| - Shomen uchi | (frappe de face du tranchant de la main) | - Yokomen uchi | (frappe de côté du tranchant de la main) | - Tsuki | (frappe du poing) |
Les principales saisies:
| - Katate dori | (saisie du bras sur gyaku hanmi) | - Kosa dori | (saisie du bras sur ai hanmi) | - Morote dori | (Saisie du bras à deux mains) | - Ryote dori | (saisie des deux bras) | - Ushiro ryote dori | (saisie des deux bras par derrière) | - Kata dori | (saisie de l'épaule) | - Ushiro ryokata dori | (saisie des deux épaules par derrière) | - Muna dori | (saisie au niveau de la poitrine) |
Il est nécessaire de commencer par apprendre les bases citées au-dessus pour pouvoir évoluer dans de bonnes conditions vers une pratique complète de l’Aïkido. La pratique de l’Aïkido devient vraiment intéressante lorsque l’on peut évoluer naturellement avec ses adversaires sans penser aux techniques. L'important n’est pas l'exécution des techniques, mais la capacité à maîtriser l’espace autour de soi et l’équilibre de ses adversaires de manière fluide et harmonieuse. Cette pratique se définit comme l’Aïkido «sans formes», ou le pratiquant est totalement libéré des contraintes liées à l’application des techniques et peut évoluer tout à fait librement. Ceci demande de nombreuses années de pratique et donc beaucoup de patience.
L'évolution des pratiquants est suivie par deux systèmes de niveaux : les «Kyu» et les «Dan». L'importance donnée à ces systèmes diffère d'un endroit à l'autre. On peut se demander si ces échelles d'évaluation sont vraiment utiles et les avis sur la question divergent.
Les «Kyu»
La période d’apprentissage des bases est représentée par les «Kyu» et dure généralement jusqu’à l’obtention du premier «Dan» (Shodan). Ceci ne devrait pas prendre plus de 2 ou 3 ans. Au passage d'un «Kyu» à l'autre, le pratiquant ne doit pas se demander s'il est prêt ou non pour passer à un niveau supérieur, car cela n'a pas d'importance à ce moment. La maîtrise des techniques ne s'acquiert que plus tard et viendra de manière naturelle. Les «Kyu» expriment simplement le degré de progression des pratiquants dans leur compréhension générale des différentes techniques d'Aïkido. Il est nécessaire de progresser rapidement vers «Shodan» afin de pouvoir commencer vraiment la pratique de l’Aïkido.
Les «Dan»
Avec le premier «Dan» vient la ceinture noire, celle-ci ne veut pas dire que le pratiquant à acquis la maîtrise de l’Aïkido. Au contraire. Comme son nom l’indique, «Shodan» n’est que le premier échelon sur une échelle de 8 (10 à l'origine) et ne constitue rien moins que le point de départ. Le passage d'un «Dan» s'obtient au bout d'un certain nombre d'heures de pratique (généralement entre 2 et 4 ans selon la fréquence des entraînements). Elle est une reconnaissance remise de la part de son professeur, mais elle ne garantit en rien un niveau de compétence. C'est la manière dont le pratiquant va s'entraîner (Keiko) par la suite qui va donner ou non de la valeur à cette reconnaissance. L'obtention d'un «Dan» est quelque chose de très personnel. Ce n'est pas un acquis, mais une reconnaissance qu'il faut valoriser par le sérieux de son entraînement.
Contrairement à une idée largement répandue, les passages de «Dan» n'ont donc pas pour fonction d'évaluer un niveau de connaissance, car cela est subjectif et personnel. Ils sont utiles dans le sens où ils nécessitent une préparation afin de pouvoir montrer aux autres pratiquants la manière dont on exécute les mouvements. Ceci encourage à s'entraîner de manière sérieuse.
Oui et non.
L’Aïkido se pratique à mains nues, mais l’assaillant peut être armé d’un bâton (Jo), d’un sabre (Ken) ou d’un couteau (Tanto), il est donc utile de savoir aussi manier ces armes. Ceux qui pratiquent l’Aïkido depuis longtemps pratiquent généralement également le Jo et le Ken. Leur apprentissage est souvent complémentaire à celui de l’Aïkido, mais néanmoins parallèle. Ceux qui maîtrisent ces techniques pourront les inclurent dans leur pratique de l’Aïkido. Cependant, il est préférable de ne pas brûler les étapes et de n’inclure les armes qu’après avoir acquis des bases solides et, principalement, une bonne aisance dans les déplacements (Sabaki). L’idéal est de n’inclure les armes dans la pratique de l’Aïkido qu’à partir du 3ème ou 4ème Dan. En intégrant les armes trop tôt dans l’apprentissage de l’Aïkido, on prend le risque de gêner la fondation et la consolidation des bases. Il est faux de penser que la pratique des armes permet de mieux progresser; il vaut mieux d'abord acquérir de bonnes bases pour pouvoir ensuite pratiquer l’Aïkido avec des armes dans de meilleures conditions. Encore une fois, tout est question de patience.
Non.
Il n’y a pas de combats ni de compétition dans la pratique de l’Aïkido. Le principe des mouvements d'Aïkido est d'annuler la capacité de l'opposant à porter un coup. De fait, il n'y a pas de combat possible; l'assaillant est vaincu au moment ou il commence son attaque. L’entraînement nécessite une bonne collaboration entre l’attaquant (Uke) et l’attaqué (Tori). Le travail d’Uke est fondamental pour permettre à Tori de progresser. Une bonne attaque, franche et solide, permettra à Tori d’effectuer un meilleur mouvement. Pour une bonne progression, il faut que l'entraînement soit sans complaisance. Uke doit rester vigilant et porter toute son attention sur Tori. Les frappes ne doivent pas être hésitantes et les saisies doivent être puissantes et dirigées vers l'avant. Il ne s’agit pas de chercher à empêcher Tori d'effectuer son mouvement, ni à se «mesurer» l’un à l’autre, mais vraiment de travailler ensemble pour progresser ensemble.
Non!
En tout cas pas au niveau de l’enseignement. On ne demande pas à un Judoka s’il y a des coups de pied dans le Judo. C’est la même chose pour l’Aïkido. De manière générale, il n’y a pas de techniques utilisant les pieds (frappes) dans les arts martiaux issus du Bushido. La raison étant que la classe des Samouraïs se battait en armures, plutôt encombrantes pour donner des coups de pied, et possédait des armes - nobles - permettant de garder une certaine distance avec leurs adversaires. De plus, le Hakama ne permet pas de donner des coups de pieds efficaces. Les techniques utilisant les pieds ont été développées par les classes paysannes, à qui on interdisait la possession d’armes (e.g. Karate).
Alors pourquoi voit-on parfois des gens pratiquer l’Aïkido et donner des coups de pieds?
Il s’agit d’une déformation de l’enseignement de l’Aïkido que l’on voit en Occident. Jamais on ne voit au Japon quelqu’un faire de l’Aïkido et donner des coups de pieds! C’est une approche nouvelle qui tend à s’éloigner de l’Aïkido, c’est autre chose...